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Bab el-Gherbi

Bab El-Gherbi

Le Chemin des Amandiers

Le chemin de Bab el-Gherbi, qui portait avec fierté son nom de « Porte de l’Ouest », s’étirait devant nous comme un passage secret, à l’abri du tumulte de la ville. Il offrait l’illusion d’un ailleurs, un interlude suspendu hors du temps, où le bruissement du monde s’estompait pour laisser place à la seule mélodie du vent. De part et d’autre, la nature tissait une alcôve de verdure, un écrin de feuillage où chaque arbre semblait nous inviter à ralentir, à goûter l’instant.

Nous avancions, légères, insouciantes, portées par l’euphorie discrète des promenades sans contrainte. La rumeur urbaine s’éloignait derrière nous, happée par la douceur du vent qui caressait nos visages. Les amandiers, tels des sentinelles bienveillantes, bordaient le sentier de leurs branches chargées de fruits encore verts. D’un geste spontané, nous les cueillions, savourant cette offrande de la nature, ce goût légèrement âpre qui s’adoucissait au fil de nos pas. Chaque bouchée était un secret échangé avec la nature, un avant-goût d’été.

Sur la droite, la pente s’élevait doucement, tapissée d’herbes folles qui dansaient sous la brise. Par endroits, le sol se creusait en ondulations capricieuses, et les hautes tiges, frémissant sous nos pas, libéraient des senteurs d’herbes sèches et de terre chauffée par le soleil. Là, nous laissions nos pensées s’égarer, bercées par la quiétude du lieu, jusqu’à ce que l’élan de la marche nous rappelle à la route.

Au détour du sentier, l’école des Mines se dressa devant nous, imposante et silencieuse. Son architecture, empreinte de grandeur, contrastait avec la douceur du paysage, mais elle paraissait veiller, témoin immobile d’un savoir transmis au fil du temps. Nous nous arrêtâmes un instant, contemplatives, comme happées par l’histoire qui semblait émaner de ses murs.

Puis, tout naturellement, nous reprenions le chemin du retour. L’air plus doux, comme apaisé par notre passage. Nous marchions d’un pas léger, laissant derrière nous cette enclave de sérénité. Les amandiers, baignés dans la lumière déclinante, se fondaient dans l’or du crépuscule. La ville, au loin, reprenait sa place dans notre horizon, ramenant avec elle son agitation coutumière. Pourtant, quelque chose en nous demeurait intact, préservée, comme si cette errance légère avait enrichi notre journée d’un éclat imperceptible, mais précieux.

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